Ukraine

L’Ukraine est le deuxième pays le plus touché par l’épidémie de VIH dans la région Europe de l’Est et Asie centrale. Ce pays compte aussi près de 1,5 millions de personnes vivant avec l’hépatite C. Comment faire pour que ces malades aient accès à des médicaments de qualité à des prix abordables ?

En janvier 2020, avec Charles Gore, notre directeur exécutif, l’équipe du Medicines Patent Pool s’est rendue en Ukraine. Depuis 2017, ce pays bénéficie de l’action du MPP en faveur de l’accès à des traitements de qualité et abordables. Ces trois dernières années, le pays a réussi à multiplier par trois le nombre de patients vivant avec le VIH ayant accès à un traitement antirétroviral, et il compte aujourd’hui des centres de traitement spécialisés dans l’hépatite qui proposent des antiviraux à action directe de qualité contre l’hépatite C. L’accès à ces traitements qui sauvent des vies n’aurait pas été possible sans la participation de nombreux partenaires. Cette section présente des témoignages d’acteurs de la société civile, d’ONG, de patients, du ministère de la Santé et d’organisations internationales que nous avons rencontrés et avec qui nous avons analysé les accomplissements passés et déterminé la voie à suivre.

Nous partagerons sur cette page les récits fascinants que nous avons recueillis. Notre objectif est de présenter les différents points de vue de nos partenaires en Ukraine, mais aussi ceux d’acteurs régionaux et internationaux, sous la forme d’une série de vidéos. Nous vous invitons à consulter régulièrement cette page pour découvrir les nouvelles publications et en apprendre davantage sur ces personnes engagées, issues d’horizons différents, qui poursuivent toutes le même objectif : améliorer l’accès à des traitements de qualité et abordables pour tous ceux qui en ont besoin.

 


L’HISTOIRE D’ANTON

J’ai été diagnostiqué séropositif au VIH et à l’hépatite C en 2003. À cette époque, je consommais activement de la drogue et j’en savais si peu sur le VIH que j’étais persuadé que j’allais mourir. En 2004, un ami à moi m’a parlé d’un projet pilote de thérapie de substitution qui allait se dérouler à Kiev, et c’est là que ma vie a changé. Avec ma petite-amie, nous avons commencé la thérapie. Ça a fonctionné pour nous et, à la fin du projet pilote, j’ai pu convaincre le gouvernement que cette thérapie devait être proposée à d’autres. C’est ainsi qu’a commencé ma carrière d’activiste.

J’ai commencé un traitement contre le VIH en 2005, lorsque la numération de mes CD4 a chuté en dessous de 200 et que je suis devenu éligible au traitement dans le cadre du protocole de l’époque. Il semble incroyable aujourd’hui d’attendre si longtemps, mais c’était comme ça. Il y avait beaucoup d’attente et très peu d’informations, et beaucoup de gens mouraient.

Depuis que j’ai commencé à me soigner, j’ai changé deux fois de traitement. Aujourd’hui, je prends un antirétroviral générique sous forme de combinaison à dose fixe qui inclut du ténofovir, de la lamivudine et du dolutégravir – le traitement recommandé par l’OMS contre le VIH. De quatre comprimés deux fois par jour, je suis passé à un comprimé par jour.

En 2017, j’ai guéri de l’hépatite C. J’ai été l’un des premiers à recevoir du sofosbuvir et du daclatasvir en Ukraine. Chaque année, de nouveaux traitements font leur apparition sur le marché, mais le chemin à parcourir est encore long dans un pays où 1,5 millions de personnes sont infectées par le virus de l’hépatite C.

Lorsqu’on n’a pas accès à des médicaments, on se laisse aller, comme une forme de suicide. C’est mauvais pour la santé, on pense qu’on va mourir, alors que le fait de savoir que des médicaments existent et arrivent permet de s’accrocher. L’action du MPP permet aux médicaments d’arriver plus vite sur le marché, ce qui donne à des gens comme moi de l’espoir et la force de continuer à vivre.

Entretien avec Charles

Histoires Jumelles

La transformation en porte-parole

 « L’Ukraine étant un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, la question du choix entre médicaments génériques et médicaments princeps coûteux se posera toujours. Grâce à son brillant travail d’information mené auprès des gouvernements sur les brevets, l’accès aux traitements et les mécanismes de mise sur le marché des médicaments, le Medicines Patent Pool permet de proposer les bons traitements, au bon prix, aux bonnes personnes. » Anton Basenko

Cliquez sur la carte pour visualiser les licences et l’approvisionnement de l’Ukraine en antirétroviraux :


À propos d’Anton Basenko

Anton Basenko travaille pour l’organisation Alliance for Public Health, Ukraine, et il est le référent dans son pays pour le Partenariat PITCH (Partnership to Inspire, Transform and Connect the HIV Response), une initiative internationale de plaidoyer menée par des représentants des populations-clés et s’adressant à ces mêmes populations.

En tant que personne vivant avec le VIH, c’est un ardent défenseur à la fois des patients et des programmes de réduction des risques qui aident les consommateurs de drogues à faire face aux stigmatisations et à accéder à des traitements efficaces. Aujourd’hui, il représente ces communautés en participant à différents groupes aux niveaux international, régional et national. Anton, qui doit la découverte de sa séropositivité à la mise en œuvre des premiers programmes de réduction des risques, a bénéficié de plusieurs traitements ces 16 dernière années, passant d’une association lamivudine/zidovudine (3TC/ZDV) à une association lopinavir/ritonavir (LPV/r), puis au dolutégravir. À l’heure actuelle, son traitement consiste en un comprimé unique de TLD (ténofovir/lamivudine/dolutégravir).

Aujourd’hui marié et père de famille, Anton se concentre sur l’avenir – défense d’un financement durable, d’une politique déterminée, d’une prise de décisions éclairée et de systèmes d’approvisionnement efficaces – pour que l’Ukraine continue de progresser dans la lutte contre ces maladies. En tant qu’ancien malade de l’hépatite C, il souligne que, dans le cadre de la couverture santé universelle, les défenseurs de la lutte contre l’hépatite C, le VIH, la tuberculose et d’autres maladies devraient faire alliance pour obtenir l’accès à des traitements abordables de qualité garantie.

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