12 décembre 2013
12 décembre 2013, GENÈVE – Le Medicines Patent Pool et l’entreprise biopharmaceutique Bristol-Myers Squibb viennent de signer un accord de licence qui permettra d’améliorer l’accès à l’atazanavir, un médicament essentiel contre le VIH, dans 110 pays en développement. La zone couverte par l’accord regroupe 88,5 % des personnes vivant avec le VIH dans les pays en développement.
« Cet accord donne aux fabricants pharmaceutiques du monde entier la possibilité de produire des versions plus abordables de l’atazanavir et de combiner l’atazanavir avec d’autres médicaments afin de rendre le traitement plus facile et plus accessible dans les pays en développement. « Ce partenariat avec Bristol-Myers Squibb garantit un meilleur accès à un antirétroviral crucial », se réjouit Greg Perry, directeur exécutif du Medicines Patent Pool.
Il s’agit du premier accord conclu par le Medicines Patent Pool relatif à un traitement de deuxième ligne recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Par ailleurs, l’OMS estime que, d’ici 2016, plus d’un million de personnes recevront un traitement de deuxième ligne, alors que le nombre de personnes nécessitant ce même traitement sera nettement supérieur.
« Le traitement de deuxième ligne est de plus en plus important à cause du développement de résistances au traitement suivi en première ligne par les personnes vivant avec le VIH », déclare Margaret Chan, directrice générale de l’OMS. « Je me félicite de cet accord qui contribuera à un plus grand accès aux médicaments les plus nécessaires et ce, à un prix abordable.»
Le Medicines Patent Pool concentre ses efforts sur les médicaments recommandés par l’OMS en négociant des licences qui permettent d’améliorer l’accès aux antirétroviraux à un prix abordable dans les pays qui en ont le plus besoin. Les accords déjà signés avec Gilead Sciences et ViiV Healthcare (partenariat entre GlaxoSmithKline, Pfizer et Shionogi) ont contribué à améliorer l’accès à des traitements de première ligne recommandés par l’OMS pour adultes et enfants.
Ce nouvel accord prévoit, entre autres, un transfert de technologie en faveur des bénéficiaires des accords de sous-licences, ce qui facilitera la production de l’atazanavir. Bien que les royalties ne s’appliquent qu’à très peu des pays et à aucune formulation pédiatrique, toute somme perçue dans le cadre de cet accord sera réinvestie au profit des organisations locales de lutte contre le VIH dans les pays concernés.
« Bristol-Myers Squibb travaille depuis longtemps en partenariat avec les communautés touchées par le VIH et contribue à répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH, notamment en élaborant des médicaments innovants, en soutenant les efforts de sensibilisation ou encore en encourageant la recherche clinique », précise Douglas Manion, directeur général adjoint, chargé des services développement, virologie et Japon chez Bristol-Myers Squibb. « Notre collaboration avec le Medicines Patent Pool s’inscrit dans ce cadre et reflète notre volonté d’améliorer l’accès à l’atazanavir pour les personnes vivant avec le VIH dans les pays en développement. »
Le VIH, un enjeu mondial UNAIDS estime que 35,3 millions de personnes sont porteuses du VIH et que 28.6 millions d’entre elles devraient aujourd’hui bénéficier d’un traitement antirétroviral. Grâce aux avancées récentes en matière d’accès aux antirétroviraux, les personnes vivant avec le VIH peuvent désormais vivre plus longtemps et en meilleure santé. Fin 2012, environ 10 millions de patients vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire recevaient un traitement antirétroviral. Cependant, près de 19 millions d’individus n’avaient pas accès à de tels soins, alors que les dernières recommandations de l’OMS les incluent dans la catégorie des personnes devant en bénéficier. Par ailleurs, lorsque les traitements de première ligne perdent de leur effet, il est nécessaire de recourir à des traitements de deuxième ligne.
D’ici 2016, plus d’un million de personnes recevront un traitement de deuxième ligne, alors que le nombre de personnes ne pouvant pas y accéder sera nettement supérieur. Selon les lignes directrices sur les traitements de l’OMS (2013), l’atazanavir boosté fait partie des inhibiteurs de protéase préconisés comme traitement antirétroviral de deuxième ligne à prise unique quotidienne.
À propos du Medicines Patent Pool Le Medicines Patent Pool est un modèle économique axé sur les besoins de santé publique, soutenu par les Nations Unies. Sa mission est de faire baisser le prix des traitements contre le VIH et de faciliter la mise au point de médicaments adaptés aux besoins, tels que les combinaisons à dose fixe ou les formulations pédiatriques. Il a été fondé en 2010, à la demande de la communauté internationale, grâce à une initiative d’UNITAID (mécanisme de financement innovant hébergé par l’OMS). Le Medicines Patent Pool centralise les brevets pour octroyer des licences à des fabricants de génériques notamment, afin de favoriser la concurrence sur le marché des médicaments et ainsi faire baisser les prix et stimuler l’innovation. Le Medicines Patent Pool a été reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé, la Réunion de haut niveau sur le sida des Nations Unies et le G8 comme une initiative innovante et prometteuse, qui a pour but d’améliorer l’accès aux médicaments contre le VIH.
Comme pour toutes les autres licences du Medicines Patent Pool, le texte intégral de l’accord est disponible sur le site web de la Fondation.
Medicines Patent Pool Kaitlin Mara gro.looptnetapsenicidem@aramk +41 79 825 4786
Bristol-Myers Squibb Julie Ferguson moc.smb@nosugref.eiluj +1 312-385-0098
Jeff Smith moc.smb@htims.rj +33(0)1 58 83 83 21
Département communication, presse et médias
Le Medicines Patent Pool (MPP) est une organisation de santé publique soutenue par les Nations Unies, qui œuvre à améliorer l’accès aux médicaments vitaux et à faciliter leur développement pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à son modèle d’activité innovant, le MPP collabore avec la société civile, les gouvernements, les organisations internationales, l’industrie, les groupes de patients et d’autres parties prenantes afin de prioriser et concéder des licences pour les médicaments nécessaires, tout en mutualisant la propriété intellectuelle pour encourager la production de génériques et le développement de nouvelles formulations.
À ce jour, le MPP a signé des accords avec 22 détenteurs de brevets concernant 13 antirétroviraux contre le VIH, une plateforme technologique pour le VIH, trois antiviraux à action directe contre l’hépatite C, un traitement contre la tuberculose, un traitement contre le cancer, quatre technologies à action prolongée, un médicament contre l’hémorragie du post-partum, trois traitements antiviraux oraux contre la COVID-19 et 16 technologies liées à la COVID-19.
Le MPP a été fondé par Unitaid, qui reste son principal bailleur de fonds. Les travaux du MPP sur l’accès aux médicaments essentiels sont également financés par la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), le gouvernement du Canada et Coeffient Giving. Les activités du MPP en matière de transfert de technologies sont réalisées avec le soutien financier du gouvernement du Japon, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Agence allemande de coopération internationale, du gouvernement de Flandre et de la DDC.