12 octobre 2020
L’Algérie est le dernier ajout à la liste des pays qui bénéficient de traitements abordables et de qualité à base de dolutégravir (DTG) dans le cadre de la licence en cours du Medicines Patent Pool (MPP) avec ViiV Healthcare pour la fabrication de médicaments destinés à l’adulte.
En juillet 2020, la Banque mondiale a classé l’Algérie comme pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. À ce titre, l’Algérie peut être incluse dans l’accord de licence volontaire sur des médicaments destinés à l’adulte entre ViiV Healthcare et le MPP qui a permis, avec la licence sur des formulations pédiatriques, aux fabricants de génériques de produire et de commercialiser du dolutégravir (DTG), seul ou en combinaison, pour les adultes et les enfants.
Grâce à toutes ses licences, le MPP s’efforce de garantir l’accès du plus grand nombre à un traitement. « Nous sommes ravis que notre licence actuelle sur les produits destinés aux adultes comprenne désormais l’Algérie, a déclaré Charles Gore, directeur exécutif du MPP. Notre mission est de faire en sorte que chacun, partout dans le monde, ait les moyens d’accéder aux médicaments dont il a besoin ». L’Algérie rejoint les 94 pays à revenu faible et intermédiaire déjà inclus dans la licence MPP-ViiV Healthcare.
Helen McDowell, responsable des questions gouvernementales de ViiV Healthcare a déclaré : « Nous sommes déterminés à répondre aux défis soulevés par l’épidémie de VIH et nous savons que c’est impossible en agissant seuls. Nous sommes très fiers, par l’intermédiaire de nos licences volontaires et de notre partenariat avec le MPP, de pouvoir favoriser l’accès d’un plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH à différents traitements à base de DTG, en accord avec les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de notre mission. »
La licence MPP-ViiV Healthcare permet aux titulaires de licence d’intégrer le DTG dans la combinaison à dose fixe de TLD (ténofovir disoproxil fumarate, lamivudine et dolutégravir). La version d’une pilule par jour représente plus de 95 % des traitements fournis à ce jour. Depuis 2017, les fabricants de génériques ont fourni 6,1 milliards de comprimés de DTG et TLD génériques ; cela équivaut à au moins 6,7 millions de personnes vivant avec le VIH ayant accès à ces traitements recommandés par l’OMS.[1]
« Nous nous félicitons de l’inclusion de l’Algérie dans la licence du MPP pour le dolutégravir destiné à l’adulte. C’est un complément bienvenu à notre inclusion précédente dans la licence pédiatrique et cela permettra de réduire la facture des traitements ARV de 20% et l’harmonisation des directives thérapeutiques pour la plupart des populations, nous permettant ainsi d’offrir à tous le traitement contre le VIH recommandé par l’OMS et de leur assurer une meilleure qualité de vie. Bientôt, 80 % des personnes vivant avec le VIH en Algérie bénéficieront de combinaisons d’antirétroviraux à base de DTG comme traitement de première intention. »
Dr Djamal Fourar, Directeur Général de la Prévention et Promotion de la Santé du Ministère Algérien de la Santé.
« Le dolutégravir est un médicament bien toléré offrant une importante barrière contre la résistance et avec peu d’effets secondaires et de toxicité. Cette annonce donne un nouvel espoir aux personnes vivant avec le VIH dans notre pays. Nous savons maintenant que nous pourrons bientôt accéder à un traitement optimal et la pilule quotidienne unique facilitera encore plus l’adhésion au traitement et la suppression virale. »
M. Othmane Bourouba de l’association AIDS Algérie, membre du réseau national algérien des organisations non gouvernementales travaillant avec les personnes vivant avec le VIH
« L’ONUSIDA est engagé pour assurer l’accès au traitement antiretroviral à moindre coût pour toutes les personnes qui en ont besoin. Cela est essentiel pour atteindre les objectifs 90-90-90 et cela implique aussi la mobilisation des compagnies pharmaceutiques et des États pour tirer la meilleure partie des opportunités de licences de santé publique et ainsi améliorer l’accès au traitement. »
M. Adel Zeddam, Directeur pays, ONUSIDA Algérie
[1] Le nombre de personnes vivant avec le VIH qui bénéficient de produits à base de DTG est estimé à partir du nombre total de comprimés de DTG et de TLD fournis par les détenteurs de licence du MPP entre avril 2017 et juin 2020 (pour plus d’informations, voir le dernier point sur la situation à propos du DTG).
Département communication, presse et médias
Accédez la licence DTG du MPP et de ViiV
Le Medicines Patent Pool (MPP) est une organisation de santé publique soutenue par les Nations Unies qui œuvre à accroître l’accès à des médicaments innovants et à d’autres technologies de santé, et à en faciliter le développement, pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à son modèle économique innovant, le MPP collabore avec la société civile, les gouvernements, les organisations internationales, l’industrie, les groupes de patients et d’autres parties prenantes afin de prioriser et d’octroyer des licences pour les produits de santé nécessaires, et de mettre en commun la propriété intellectuelle afin d’encourager la fabrication de médicaments génériques et le développement de nouvelles formulations.
À ce jour, le MPP a signé des accords avec 22 détenteurs de brevets couvrant 13 antirétroviraux contre le VIH, une plateforme technologique liée au VIH, trois antiviraux à action directe contre l’hépatite C, un traitement contre la tuberculose, un traitement contre le cancer, quatre technologies à action prolongée, un médicament contre l’hémorragie du post-partum, trois traitements antiviraux oraux contre la COVID-19 et 16 technologies liées à la COVID-19.
Le MPP a été fondé par Unitaid, qui demeure son principal bailleur de fonds. Les activités du MPP visant à améliorer l’accès aux médicaments essentiels sont également financées par l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC), le gouvernement du Canada et Coefficient Giving. Les activités du MPP en matière de transfert de technologie sont menées avec le soutien financier du gouvernement japonais, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Agence allemande de coopération internationale, du gouvernement de la Flandre et de la SDC.