28 juillet 2026
« Les progrès vers l’objectif mondial d’éliminer l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030 ne sont pas sur la bonne voie. »
C’est le premier constat majeur du Rapport mondial sur l’hépatite 2026 de l’OMS : un message simple, sans détour et, s’il faut le dire, presque en deçà de la réalité. Publié à l’occasion du Sommet mondial sur l’hépatite qui s’est tenu en avril dernier, ce rapport rassemble les données les plus récentes – et celles-ci sont loin d’être encourageantes.
Certes, certains pays montrent qu’un engagement fort peut produire de réels résultats. Mais à l’échelle mondiale, le constat est celui d’un échec collectif. L’exemple le plus frappant est sans doute l’évolution de la mortalité annuelle liée à l’hépatite B : en 2016, les 194 États membres de l’OMS s’étaient engagés à la réduire de 65 % d’ici 2030. Pourtant, depuis cette date, elle n’a cessé d’augmenter. Au lieu de diminuer, elle a progressé de 17 %.
Comment expliquer que nous allions dans la mauvaise direction ?
La réponse la plus simple est la suivante : moins d’un quart des 300 millions de personnes vivant avec une hépatite B ont été diagnostiquées. Et parmi celles qui le sont, moins d’un quart reçoivent le traitement quotidien qui pourrait leur sauver la vie. Pourtant, ce n’est pas une question de coût : un test de dépistage de l’hépatite B coûte moins de 1 dollar américain et un traitement annuel moins de 30 dollars américains.
En réalité, la disponibilité et l’accessibilité financière des interventions de prévention, de dépistage et de traitement contre les hépatites virales ne constituent pas le principal obstacle, notamment grâce aux licences que le Medicines Patent Pool (MPP) a obtenues auprès de l’industrie pharmaceutique.
D’un point de vue scientifique, nous disposons des moyens nécessaires pour éviter la grande majorité des 1,3 million de décès qui surviennent chaque année. Pourtant, nous ne les utilisons pas.
C’est comme si nous étions sur un quai à regarder une personne se noyer. Nous tenons une bouée de sauvetage entre les mains, mais nous refusons de la lancer. Nous restons là, à observer. Peut-être ne comprenons-nous pas ce qui se passe. Peut-être cela nous est-il égal. Peut-être ne faisons-nous tout simplement pas l’effort nécessaire. Quelle qu’en soit la raison, cette situation est tout simplement inacceptable.
Il existe toujours des « raisons » pour justifier l’inaction : manque de financements, systèmes de santé fragilisés, demande trop dispersée, absence de priorité politique ou encore complexité de la mise en œuvre.
Pourtant, ces obstacles apparemment insurmontables disparaissent dès lors que nous décidons d’agir. Nous savons nous mobiliser lorsque nous le voulons. L’épidémie d’Ebola en est un exemple récent.
En définitive, tout se résume à une question de volonté politique.
Ce constat est particulièrement pertinent ce mois-ci, alors que des experts, des défenseurs de la cause, des décideurs politiques et des personnes concernées par les hépatites se réunissent à la Conférence de l’IAS au Brésil afin d’identifier les moyens d’accélérer les progrès. Si nos responsables politiques manquent de cette volonté, c’est à nous de la susciter.
C’est pourquoi le plaidoyer est si important. C’est le seul moyen de remettre l’objectif mondial d’élimination des hépatites virales sur les rails.
Et même s’il n’est pas possible de retrouver immédiatement la trajectoire prévue, nous devons au minimum nous engager à empêcher que la situation ne se dégrade davantage et à inverser cette hausse des décès évitables.
Alors, pouvons-nous enfin lancer cette bouée de sauvetage ?
Département communication, presse et médias
Le Medicines Patent Pool (MPP) est une organisation de santé publique soutenue par les Nations Unies qui œuvre à accroître l’accès à des médicaments innovants et à d’autres technologies de santé, et à en faciliter le développement, pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à son modèle économique innovant, le MPP collabore avec la société civile, les gouvernements, les organisations internationales, l’industrie, les groupes de patients et d’autres parties prenantes afin de prioriser et d’octroyer des licences pour les produits de santé nécessaires, et de mettre en commun la propriété intellectuelle afin d’encourager la fabrication de médicaments génériques et le développement de nouvelles formulations.
À ce jour, le MPP a signé des accords avec 23 détenteurs de brevets couvrant 13 antirétroviraux contre le VIH, une plateforme technologique liée au VIH, trois antiviraux à action directe contre l’hépatite C, un traitement contre la tuberculose, un traitement contre le cancer, quatre technologies à action prolongée, un médicament contre l’hémorragie du post-partum, un traitement antiviral contre la grippe, trois traitements antiviraux oraux contre la COVID-19 et 16 technologies liées à la COVID-19.
Le MPP a été fondé par Unitaid, qui demeure son principal bailleur de fonds. Les activités du MPP visant à améliorer l’accès aux médicaments essentiels sont également financées par l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC), le gouvernement du Canada et Coefficient Giving. Les activités du MPP en matière de transfert de technologie sont menées avec le soutien financier du gouvernement japonais, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Agence allemande de coopération internationale, du gouvernement de la Flandre et de la SDC.