« Changer de traitement pour prendre du dolutégravir a permis à un patient d’arrêter de mouiller son lit. »

Olubukola Ayinde est Nigériane. Elle vit et travaille à Ibadan, dans l’Etat d’Oyo, au Nigeria. C’est une militante passionnée qui défend l’accès au traitement, l’éducation au traitement, et le soutien au patient en matière de traitement et d’observance du traitement. Elle se bat également pour le retour dans le circuit des soins des patients « perdus de vue ». Elle travaille depuis 13 ans comme pharmacienne hospitalière dans un centre de traitement antirétroviral, au sein de l’hôpital public de l’État d’Oyo.

« Le Nigeria a accès au dolutégravir (DTG), qui a été déployé et qui est actuellement recommandé comme le traitement de première intention privilégié. Je recommande sans hésiter le DTG aux personnes vivant avec le VIH. Le DTG a prouvé sa plus grande efficacité par rapport à la plupart des autres antirétroviraux. Il est mieux toléré, plus simple d’utilisation et il entraîne moins d’effets secondaires ou indésirables.

En 2016, le Nigeria comptait 220 000 (150 000 – 310 000) nouveaux cas de VIH et 160 000 (110 000 – 230 000) décès dus au sida. Cette même année, 3 200 000 (2 300 00 – 4 300 000) personnes vivaient avec le VIH, dont 30 % (19 % – 42 %) bénéficiaient d’un traitement antirétroviral (ONUSIDA).

« Les patients reviennent pour nous dire qu’ils se sentent beaucoup mieux avec le DTG. Leur qualité de vie est meilleure, et le traitement interfère moins avec leurs activités quotidiennes. Ils disent qu’il est plus facile à utiliser et que le comprimé est moins gros. Ils ne perdent plus le sommeil, ne font plus de rêves bizarres et leur mémoire est intacte. C’est de ces problèmes-là qu’ils se plaignaient avec le traitement précédent.

Je me rappelle en particulier un patient, qui mouillait son lit à cause de son traitement. Il a pris du DTG et, depuis, ce problème a cessé. De manière générale, les patients disent qu’ils se sentent bien mieux et qu’ils peuvent mener leur vie de tous les jours sans être gênés.

Le principal défi concerne l’utilisation du DTG par les femmes et les adolescentes. Parce que son utilisation est contre-indiquée pendant la grossesse, et étant donné la rareté des services de planification familiale dans mon pays, certaines femmes ne peuvent pas avoir accès au DTG. On évite de mettre les adolescentes sous DTG pour la même raison. Dans mon pays, les services de planification familiale sont victimes de nombreux préjugés religieux et culturels.

Le fait de disposer de résultats récents concernant la charge virale d’un patient est devenu l’un des critères pour le faire passer sous DTG, ce qui ralentit la transition, car le délai pour obtenir ces résultats peut aller jusqu’à deux mois.

Ce serait bien d’avoir des conseillers formés à l’observance qui viendraient parler régulièrement avec les patients du DTG, en lien avec les services de planification familiale ; l’adoption de ce traitement en serait accélérée. »

Entre janvier 2012 et décembre 2018, les fabricants de génériques partenaires du Medicines Patent Pool ont fourni 219 000 patients-années de traitements à base de DTG et de TLD au Nigeria[1].

 

Sources :

Statistiques pays ONUSIDA – Nigeria

 

Note :

[1] À ce chiffre doit être ajouté le volume fourni par l’intermédiaire des agences d’approvisionnement.

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