« La qualité de vie des patients sous dolutégavrir, qui subissaient jusque-là les effets secondaires d’autres traitements, s’est améliorée de façon remarquable […] »

Luckyboy Edison Mkhondwane (Lucky) est coordinateur national de la formation à la prévention et à l’éducation au traitement au sein de TAC (Treatment Action Campaign) en Afrique du Sud.

Lucky, qui s’identifie comme non-binaire, vit ouvertement avec le virus du VIH. Depuis son diagnostic en juin 2002, Lucky est un défenseur de l’accès au traitement. Il est passionné par l’éducation au traitement et la sensibilisation des communautés aux traitements contre le VIH/sida et la tuberculose. Il travaille en tant que coordinateur national pour la formation à la prévention et à l’éducation au traitement pour TAC, depuis qu’il a rejoint l’organisation en 2002. Il représente l’Afrique du Sud au sein du projet Optimal ARV Project, de la Clinton Health Access Initiative. Il vit à Johannesbourg.

L’Afrique du Sud connaît la plus grave épidémie de VIH du monde, car elle regroupe 19 % des personnes vivant avec le VIH sur l’ensemble du globe, 15 % des nouveaux cas et 11 % des décès en lien avec le sida. L’Afrique du Sud a aussi le programme de prise en charge le plus important du monde, puisqu’il représente 20 % du nombre total de personnes sous traitement antirétroviral dans le monde.

L’Afrique du Sud n’a pas encore accès au Dolutégravir (DTG) pour l’inclure dans son programme national de traitement[1] ; un déploiement national devrait débuter un août 2019, et les directives sont en cours de révision pour inclure le DTG comme traitement de première intention, en remplacement de l’éfavirenz (EFV), dans les normes nationales de prise en charge du VIH.

C’est par l’intermédiaire de son action militante que Lucky a été amené à rencontrer des personnes vivant avec le VIH d’autres pays qui ont accès au DTG. « Même si nous n’avons pas encore le DTG, les témoignages des personnes de pays qui ont déjà fait la transition vers un traitement de première intention à base de DTG sont très encourageants, explique-t-il. Ils connaissaient l’insomnie et les autres effets secondaires sur le système nerveux central dus à l’EFV[2], et leur qualité de vie s’est améliorée de façon remarquable depuis qu’ils prennent du DTG.

« Je recommanderais le DTG sans hésiter une seconde, car il est mieux toléré que l’EFV, moins toxique, et il provoque moins d’effets secondaires sur le système nerveux central. Le DTG facilitera la vie des personnes qui travaillent de nuit, car l’un des principaux problèmes de l’EFV sont les vertiges et la somnolence qu’il provoque et qui sont vraiment gênants. La taille du comprimé permettra quant à elle d’augmenter le taux d’observance. »

À la question de savoir pourquoi il est si important que le DTG, mais aussi le TLD (ténofovir/lamivudine/dolutégravir) soient disponibles pour les patients partout dans le monde, Lucky répond : « le TLD est important pour nous en raison du profil de résistance peu élevé du DTG. Étant donné le nombre de personnes qui suivent actuellement un traitement antirétroviral en Afrique du Sud, avoir accès au TLD permettrait d’avoir un nombre moins élevé de personnes devant passer à un traitement de deuxième intention, qui est pour l’heure plus cher et plus difficile à observer.

Nous ne savons pas encore comment le pays va mener la transition. Le nombre de patients qui bénéficient de notre programme de traitement par antirétroviraux exige également que nous trouvions davantage de fournisseurs pour répondre à la demande. Il ne fait pas de doute que le recours au DTG va changer des vies, et permettre aux patients de mieux observer leur traitement. »

Entre janvier 2012 et décembre 2018, les fabricants de génériques partenaires du Medicines Patent Pool ont fourni 488 000 patients-années de traitements à base de DTG et de TLD à l’Afrique du Sud[3].

 

Sources et informations complémentaires :

Statistiques pays ONUSIDA – Afrique du Sud

TAC – https://tac.org.za/

 

Notes:

[1] Le DTG est cependant déjà utilisé dans les établissements du secteur privé.

[2] Pour plus d’informations sur les effets secondaires sur le système nerveux central, voir HIV i-base (en anglais).

[3] À ce chiffre doit être ajouté le volume fourni par l’intermédiaire des agences d’approvisionnement.

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