24 juillet 2026
La base de données sur les brevets et les licences des traitements à longue durée d’action (LAPaL), développée et hébergée par le Medicines Patent Pool (MPP), bénéficie d’un financement de Unitaid, Coefficient Giving et des National Institutes of Health (NIH) dans le cadre du Long-Acting/Extended Release Antiretroviral Research Resource Program (LEAP). La plateforme est enrichie et mise à jour en partenariat avec le Centre of Excellence for Long-Acting Therapeutics (CELT) de l’Université de Liverpool, réunissant des expertises issues de l’ensemble de l’écosystème des traitements à longue durée d’action.
Dans cet entretien, le Dr Adeniyi Olagunju explique comment LAPaL aide les chercheurs, les développeurs de produits, les bailleurs de fonds et les décideurs à s’orienter dans un domaine en pleine évolution, et pourquoi le partage des connaissances est indispensable pour accélérer un accès équitable aux traitements à longue durée d’action.
Les traitements à longue durée d’action suscitent un intérêt croissant dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé mentale, de la contraception et de nombreuses autres aires thérapeutiques. À mesure que l’innovation s’accélère, il devient également plus difficile de s’y retrouver dans un paysage de plus en plus complexe, marqué par la diversité des technologies, des composés, des formulations, des brevets, des essais cliniques et des évolutions réglementaires.
Pour le Dr Adeniyi Olagunju, maître de conférences en pharmacologie des systèmes périnataux à l’Université de Liverpool, membre du comité exécutif de LEAP et responsable du pôle Communication de LEAP, l’accès à des informations fiables et centralisées est essentiel pour permettre au domaine de progresser de manière efficace et équitable.
« Avant LAPaL, l’un des principaux défis était la fragmentation des données. Les chercheurs et les développeurs de produits devaient souvent consulter de multiples sources — publications scientifiques, registres d’essais cliniques, bases de données réglementaires, bases de données sur les brevets, annonces d’entreprises et actes de conférences — pour obtenir une vision, même partielle, d’un produit ou d’une technologie. »
Créée et hébergée par le MPP grâce à un financement initial de Unitaid, LAPaL a été conçue pour répondre à ce défi en rassemblant, au sein d’une plateforme unique et accessible, les informations pertinentes sur l’écosystème des traitements à longue durée d’action.
LEAP s’est associé à LAPaL en 2022 après avoir reconnu son potentiel pour les chercheurs, les développeurs et les bailleurs de fonds du domaine. Depuis, le MPP, LEAP et CELT Global Health collaborent pour accompagner la croissance et l’évolution de la plateforme.
« À LEAP, nous avons immédiatement perçu l’immense potentiel de cette plateforme pour le secteur. »
Initialement centrée principalement sur les technologies à longue durée d’action, la plateforme s’est considérablement enrichie. Aujourd’hui, LAPaL permet d’explorer des informations sur les technologies, les composés, les formulations, les brevets, les licences, les activités de développement clinique, les autorisations réglementaires et les enregistrements de produits.
« Ce qui est particulièrement précieux, c’est que LAPaL se situe désormais à l’intersection de la science, des politiques publiques, de l’accès aux traitements et du développement de produits. Grâce à LEAP, et au soutien financier des NIH à notre contribution, nous avons pu travailler avec nos collègues du MPP pour faire évoluer LAPaL vers un véritable guichet unique consacré aux traitements à longue durée d’action. »
En tant que chercheur, le Dr Olagunju utilise régulièrement LAPaL pour suivre les évolutions du secteur. Parmi les fonctionnalités les plus utiles figure la cartographie des essais cliniques, qui offre une vue consolidée des produits en cours de développement.
« Elle fournit une vision très claire et très utile de l’état d’avancement du développement clinique des produits à longue durée d’action. C’est extrêmement précieux dans un domaine qui évolue rapidement et où les informations sont souvent dispersées. »
Pour les chercheurs qui étudient l’utilisation et la sécurité des médicaments à longue durée d’action chez des populations historiquement sous-représentées dans la recherche, cette visibilité est particulièrement importante.
« La cartographie des essais cliniques nous permet d’identifier les lacunes actuelles, les produits qui progressent, les populations étudiées et, surtout, les domaines où les femmes enceintes, les femmes en post-partum, les femmes allaitantes et les populations pédiatriques restent sous-représentées. »
LAPaL a également soutenu plusieurs projets de recherche collaborative. Le Dr Olagunju cite notamment des publications récentes et des initiatives menées dans le cadre de LEAP et de la Communauté de pratique sur les traitements à longue durée d’action pour la santé maternelle et pédiatrique.
« Les contenus de LAPaL ont été essentiels à ces travaux, car ils nous ont fourni une vision structurée de l’ensemble des activités de développement et nous ont permis d’ancrer nos discussions dans les données et l’état actuel du développement. »
Pour le Dr Olagunju, la valeur de LAPaL va bien au-delà du soutien à la recherche. En réunissant des informations cliniques, réglementaires et relatives à la propriété intellectuelle, la plateforme aide les différentes parties prenantes à prendre des décisions mieux informées et à identifier des opportunités de collaboration.
« Disposer d’informations cliniques, réglementaires et relatives à la propriété intellectuelle au sein d’une source fiable favorise de meilleures décisions, limite les doublons et permet d’aligner les différents acteurs autour d’une compréhension commune du paysage actuel. »
Selon lui, cela est particulièrement important, car les bases d’un accès équitable sont posées bien avant la mise sur le marché d’un produit.
« L’accès se construit très en amont, à travers les décisions concernant les produits à privilégier, les populations prises en compte, les formulations développées, les lieux où les données sont générées, ainsi que les stratégies en matière de propriété intellectuelle et de réglementation. »
Le succès de LAPaL repose également sur la complémentarité de ses partenaires.
« Ce partenariat réunit des expertises très complémentaires. Le MPP apporte son leadership en matière d’accès, de licences, de propriété intellectuelle et de stratégie de développement orientée vers la santé mondiale. LEAP dispose d’un vaste réseau dans le domaine des traitements à longue durée d’action, notamment dans le VIH, la tuberculose et les hépatites virales. CELT apporte son expertise scientifique, translationnelle et en communication sur les technologies à longue durée d’action. »
Ensemble, ces organisations veillent à ce que l’innovation et les enjeux d’accès progressent de concert.
« LAPaL est bien plus qu’une base de données. C’est une infrastructure de connaissances capable de rapprocher les acteurs scientifiques, politiques, réglementaires et de l’accès aux traitements autour d’une compréhension commune et cohérente du paysage des traitements à longue durée d’action. »
Pour l’avenir, le Dr Olagunju voit un potentiel considérable dans l’expansion des traitements à longue durée d’action vers de nouvelles pathologies et leur intégration croissante dans les systèmes de santé.
« Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est que les traitements à longue durée d’action passent d’un simple concept de formulation spécialisée à une stratégie thérapeutique beaucoup plus large. »
À mesure que le domaine se développe, le besoin de sources d’information fiables permettant aux différents acteurs de comprendre où en est le secteur et où se situent les opportunités ne fera que croître.
« Tous les chercheurs, décideurs ou développeurs de produits n’ont ni le temps ni les ressources nécessaires pour suivre de manière indépendante l’ensemble du paysage des traitements à longue durée d’action. En organisant et en mettant à disposition ces informations, LAPaL peut favoriser une participation plus large au domaine et soutenir une prise de décision plus équitable et fondée sur les données probantes. »
Son message aux futurs utilisateurs est simple :
« LAPaL est une ressource unique, probablement sans équivalent. Elle offre une vision fiable, structurée et accessible du paysage des traitements à longue durée d’action, tout en aidant les chercheurs, les bailleurs de fonds, les décideurs et les développeurs de produits à comprendre où en est le domaine, où il se dirige et où une action coordonnée peut avoir le plus grand impact. »
À mesure que les traitements à longue durée d’action continueront de progresser dans de nouvelles aires thérapeutiques, des plateformes comme LAPaL joueront un rôle toujours plus important pour favoriser le partage des connaissances, renforcer la collaboration et faire en sorte que l’innovation se traduise par un accès équitable pour les personnes qui en ont le plus besoin.
Département communication, presse et médias
Le Medicines Patent Pool (MPP) est une organisation de santé publique soutenue par les Nations Unies qui œuvre à accroître l’accès à des médicaments innovants et à d’autres technologies de santé, et à en faciliter le développement, pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à son modèle économique innovant, le MPP collabore avec la société civile, les gouvernements, les organisations internationales, l’industrie, les groupes de patients et d’autres parties prenantes afin de prioriser et d’octroyer des licences pour les produits de santé nécessaires, et de mettre en commun la propriété intellectuelle afin d’encourager la fabrication de médicaments génériques et le développement de nouvelles formulations.
À ce jour, le MPP a signé des accords avec 23 détenteurs de brevets couvrant 13 antirétroviraux contre le VIH, une plateforme technologique liée au VIH, trois antiviraux à action directe contre l’hépatite C, un traitement contre la tuberculose, un traitement contre le cancer, quatre technologies à action prolongée, un médicament contre l’hémorragie du post-partum, un traitement antiviral contre la grippe, trois traitements antiviraux oraux contre la COVID-19 et 16 technologies liées à la COVID-19.
Le MPP a été fondé par Unitaid, qui demeure son principal bailleur de fonds. Les activités du MPP visant à améliorer l’accès aux médicaments essentiels sont également financées par l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC), le gouvernement du Canada et Coefficient Giving. Les activités du MPP en matière de transfert de technologie sont menées avec le soutien financier du gouvernement japonais, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Agence allemande de coopération internationale, du gouvernement de la Flandre et de la SDC.