21 novembre 2025
Basée à Pune, Emcure Pharmaceuticals est une entreprise pharmaceutique multinationale indienne. Son portefeuille de produits comprend des médicaments en gynécologie, cardiovasculaire, oncologie et thérapeutiques du sang, des antirétroviraux contre le VIH et d’autres anti-infectieux, ainsi que des vitamines et des minéraux.
La base de données des brevets et licences de MPP, MedsPaL, est une ressource gratuite qui fournit des informations sur le statut de propriété intellectuelle des technologies et produits de santé essentiels.
Dr Anshuman Ambike, Emcure’s Associate Vice President & Head-Global IP
MPP News s’est entretenu avec le Dr Anshuman Ambike, Vice-Président Associé & Responsable de la PI Globale chez Emcure, ainsi qu’avec sa collègue, le Dr Leenata Mandpe, qui expliquent pourquoi la base de données MedsPaL de MPP est un outil si important pour leur travail.
MPP
Pourriez-vous nous dire depuis combien de temps vous utilisez MedsPaL ?
Emcure
Nous utilisons MedsPaL depuis 2017 et avons rapidement appris qu’elle compile un large éventail de produits accompagnés d’informations détaillées sur la propriété intellectuelle (PI). Chez Emcure Pharmaceuticals, nous nous concentrons sur les produits antirétroviraux (ARV) et nous nous appuyons fortement sur la base MedsPaL. Nos activités couvrent plus de 70 pays dans les marchés émergents. L’un des principaux avantages de MedsPaL est sa liste complète de la géographie des brevets pour chaque produit, ce qui soutient nos dépôts ARV dans de nombreux pays.
Quels sont les principaux avantages de l’utilisation de MedsPaL ?
Avant de commencer à utiliser MedsPaL, nous devions collecter les informations nécessaires dans plusieurs bases de données, notamment le site de l’Office indien des brevets et la base américaine CAS SciFinder, gérée par l’American Chemical Society.
Bien que ces plateformes fournissent des données générales sur la PI, MedsPaL se distingue comme la seule base consolidant toutes les informations pertinentes provenant de divers organismes. Avoir accès à des détails complets sur les brevets en une seule source s’est révélé extrêmement pratique pour notre travail.
D’après votre expérience, MedsPaL a-t-elle évolué au fil des années ?
MedsPaL a beaucoup évolué depuis que nous avons commencé à l’utiliser en 2017. À ses débuts, elle présentait principalement des informations sur les produits liés au VIH, mais elle couvre désormais un éventail plus large de domaines thérapeutiques tels que l’hépatite C et les médicaments liés à la Covid-19. Cette expansion est une amélioration précieuse et bienvenue.
L’une des améliorations les plus notables est l’introduction de l’onglet « licence », qui répertorie les différentes licences associées à chaque produit. Cette fonctionnalité est particulièrement utile, car elle renvoie directement à toutes les versions des documents de licence hébergées sur le site de MPP. Par exemple, si une licence a été signée en 2015, modifiée en 2016 puis actualisée en 2020, les trois versions sont accessibles en un seul clic. Auparavant, nous devions rechercher chaque amendement individuellement – un processus long et fastidieux désormais inutile. Cet accès simplifié nous fait gagner un temps et des efforts considérables.
Existe-t-il des bases de données similaires ? Comment MedsPaL se compare-t-elle à ces dernières ?
Les bases de données de l’Office indien des brevets et SciFinder peuvent répertorier les brevets pertinents, mais leurs capacités de classification sont limitées. Par exemple, elles ne classent pas les brevets par formulation ou schéma posologique. Aujourd’hui, toutes ces informations sont regroupées sur une seule plateforme – MedsPaL – ce qui nous permet d’accéder à des données complètes en un seul clic. C’est un avantage majeur, notamment parce que d’autres bases n’offrent généralement pas de couverture pour les pays des marchés émergents.
Nous classons les pays en territoires et non-territoires selon les accords de licence. Pour les non-territoires, comme Trinidad-et-Tobago, le Costa Rica ou la Côte d’Ivoire, MedsPaL est particulièrement utile. Cela élimine la nécessité de rechercher manuellement chaque base nationale et offre une vue beaucoup plus efficace et complète du paysage des brevets.
Peut-on dire que MedsPaL a eu un impact très positif sur votre travail ?
L’équipe MedsPaL a fait un travail remarquable en améliorant continuellement la base. Avec l’ajout de nouveaux produits et l’élargissement de la couverture géographique, elle est devenue une ressource encore plus précieuse pour des utilisateurs comme nous.
MedsPaL est véritablement irremplaçable. Aucune autre base ne fournit une vue aussi concise et complète des produits spécifiques et de leurs brevets associés. Nous comptons sur MedsPaL, en particulier pour planifier nos dépôts réglementaires sur un horizon de cinq ans. Elle nous permet de suivre les dates d’expiration des brevets dans les pays des marchés émergents et d’évaluer le paysage global de la PI dans les différentes régions. Cela nous aide à identifier les produits à prioriser selon les expirations à venir.
Un autre élément clé est le suivi du statut juridique de chaque demande de brevet. MedsPaL fournit des informations sur les oppositions en cours, ainsi que sur les prolongations éventuelles dans certains pays.
Un avantage supplémentaire est que MedsPaL est entièrement en anglais. Avant son introduction, nous devions traduire manuellement les documents de brevet depuis les langues d’origine utilisées sur les sites des offices nationaux – un processus long et sujet aux erreurs que MedsPaL a efficacement éliminé.
Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez voir amélioré dans MedsPaL ?
Nous apprécierions des mises à jour plus fréquentes de la base, notamment concernant les brevets en instance dans certains pays.
L’inclusion de produits au-delà du VIH – tels que ceux liés à la tuberculose, à la COVID-19 ou à d’autres maladies infectieuses – constitue une évolution extrêmement utile. L’élargissement du champ de MedsPaL pour couvrir ces domaines profitera grandement aux utilisateurs. Par ailleurs, enrichir la base avec des informations plus détaillées sur les vaccins serait très bénéfique.
L’ajout de données sur les extensions de brevets dans certains pays représente également une amélioration notable. Ce type d’informations détaillées et actualisées renforce le rôle essentiel de MedsPaL comme ressource clé pour naviguer dans le paysage mondial de la PI.
Département communication, presse et médias
Le Medicines Patent Pool (MPP) est une organisation de santé publique soutenue par les Nations Unies qui œuvre à accroître l’accès à des médicaments innovants et à d’autres technologies de santé, et à en faciliter le développement, pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à son modèle économique innovant, le MPP collabore avec la société civile, les gouvernements, les organisations internationales, l’industrie, les groupes de patients et d’autres parties prenantes afin de prioriser et d’octroyer des licences pour les produits de santé nécessaires, et de mettre en commun la propriété intellectuelle afin d’encourager la fabrication de médicaments génériques et le développement de nouvelles formulations.
À ce jour, le MPP a signé des accords avec 22 détenteurs de brevets couvrant 13 antirétroviraux contre le VIH, une plateforme technologique liée au VIH, trois antiviraux à action directe contre l’hépatite C, un traitement contre la tuberculose, un traitement contre le cancer, quatre technologies à action prolongée, un médicament contre l’hémorragie du post-partum, trois traitements antiviraux oraux contre la COVID-19 et 16 technologies liées à la COVID-19.
Le MPP a été fondé par Unitaid, qui demeure son principal bailleur de fonds. Les activités du MPP visant à améliorer l’accès aux médicaments essentiels sont également financées par l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC), le gouvernement du Canada et Coefficient Giving. Les activités du MPP en matière de transfert de technologie sont menées avec le soutien financier du gouvernement japonais, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Agence allemande de coopération internationale, du gouvernement de la Flandre et de la SDC.