« Pour les personnes qui vivent avec le VIH, le choc vient non seulement du test positif, mais aussi du bouleversement complet de leur vie quotidienne à cause des médicaments. Certains médicaments sont épuisants, c’est pourquoi des patients arrêtent leur traitement. »

« Je m’appelle Violeta Ross et je suis anthropologue ; j’ai été victime de viol et je vis ouvertement avec le VIH depuis 2000. Je suis bolivienne et, actuellement, je suis présidente du Réseau bolivien des personnes touchées par le VIH. Je dirige les activités de plaidoyer en faveur de l’accès aux antirétroviraux en Bolivie, de l’élaboration et du vote d’une loi sur le VIH, et je suis aujourd’hui à la tête de la campagne d’action politique pour la durabilité des programmes de prévention et de soins contre le VIH en Bolivie.

La Bolivie a intégré le dolutégravir (DTG) à ses orientations nationales, et ce traitement est disponible, avec le ténofovir et la lamivudine, depuis avril 2019.

L’un des principaux défis de l’accès aux traitements anti-VIH aujourd’hui, c’est l’exclusion totale des femmes âgées de 15 à 59 ans. Pour nous, cette situation est extrêmement regrettable compte tenu de l’efficacité du DTG par rapport à l’éfavirenz et à son rapport coût-avantage.

Actuellement, la Bolivie achète le TLE (ténofovir/lamivudine/éfavirenz) au prix de 77 USD par patient et par an. Le TLD (ténofovir/lamivudine/dolutégravir) sera moins coûteux.

Je recommande le DTG. Les effets secondaires moins nombreux, l’efficacité du contrôle de la charge virale et, par conséquent, le risque moins élevé de développer une résistance sont deux raisons largement suffisantes. Je prends du TLE depuis 2005 et je commence à avoir d’autres effets secondaires ; je pense que j’ai assez pris ce médicament. Au vu des résultats de l’introduction du DTG dans certains pays africains, avec le soutien d’Unitaid, je recommande fortement ce traitement. Nous, les personnes vivant avec le VIH, avons le droit au meilleur traitement existant. L’EFV était le meilleur traitement en son temps, mais il existe aujourd’hui des alternatives préférables.

Les effets secondaires moins nombreux du DTG, et l’amélioration instantanée de la qualité de vie, pouvoir se lever sans vertige et travailler normalement, ne plus être fatigué tout le temps, c’est ce que à quoi peuvent prétendre aujourd’hui beaucoup de patients atteints du VIH. En comparaison, l’EFV est un médicament très difficile à prendre ; je parle de l’EFV parce que le TLE est le seul traitement disponible en première intention en Bolivie. Comme mentionné précédemment, le prix est une autre bonne raison du point de vue des investissements de santé publique et des résultats de santé.

En tant que militants de la lutte contre le VIH, nous continuons de dire que le VIH est une maladie chronique et gérable. Nous disons aux gens qu’ils peuvent continuer de vivre comme avant le diagnostic, mais pour beaucoup de personnes qui vivent avec le VIH, le choc vient non seulement du test positif, mais aussi du bouleversement complet de leur vie quotidienne à cause des médicaments. Certains médicaments sont si épuisants que les patients décident d’arrêter leur traitement.

Les défis futurs liés à un meilleur accès au DTG dans ma région concerneront les femmes âgées de 15 à 59 ans et la transition pour les personnes qui sont déjà sous traitement (plus précisément, celles qui subissent le plus d’effets secondaires). Selon les directives relatives au VIH en Bolivie, les patients naïfs de tout traitement se verront proposer le DTG en premier, mais nous pensons que les patients déjà traités, en particulier ceux qui sont sous EFV, devraient être prioritaires, car ils sont physiquement et psychologiquement épuisés par ce traitement.

J’ai participé, avec d’autres acteurs de la lutte contre le VIH de différents pays, à l’élaboration d’un Document de plaidoyer en faveur du DTG ; l’interprétation littérale des recommandations de l’OMS semble être un problème majeur, qui reflète la méfiance à l’égard des choix des femmes et le manque de services de santé sexuelle et génésique associés aux services liés au VIH. »

Entre janvier 2012 et décembre 2018, les fabricants de génériques partenaires du MPP ont fourni 7 000 patients-année de DTG et de TLD en Bolivie.

 

Remarques :

En 2016, l’État plurinational de Bolivie a recensé 1 100 nouvelles infections par le VIH et moins de 1 000 décès liés au sida. Les statistiques pays de l’ONUSIDA pour la Bolivie sont accessibles ici.

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