À l’AFRAVIH 2026 à Lausanne, MPP a participé activement aux échanges sur l’avenir de la prévention et du traitement du VIH dans les pays francophones à revenu faible et intermédiaire, aux côtés d’Unitaid et de nombreux partenaires institutionnels, communautaires et cliniques. Deux temps forts ont marqué cette édition : la plénière consacrée à la PrEP à action prolongée, ainsi que le symposium conjoint MPP–Unitaid sur l’accès aux alternatives thérapeutiques au TLD.

Plénière – PrEP à action prolongée : des outils puissants, un enjeu de systèmes

Lors de la séance plénière du 6 mai 2026, Lobna Gaayeb, Responsable des affaires scientifiques et médicales au MPP, a rappelé un constat central : les outils scientifiques de prévention du VIH n’ont jamais été aussi avancés, mais leur impact dépendra de la capacité des systèmes de santé à les déployer efficacement.

Des innovations qui élargissent le choix

Les options de PrEP à action prolongée élargissent de manière inédite l’éventail des choix de prévention : anneau vaginal mensuel à la dapivirine, cabotégravir injectable tous les deux mois, ou encore lénacapavir injectable semestriel. En réduisant la fréquence des prises, ces technologies offrent plus de discrétion et une protection moins dépendante du quotidien, avec des données de plus en plus solides chez les femmes, y compris enceintes ou allaitantes.

Livraison, équité et dernier kilomètre

L’intervention a également souligné que l’impact ne dépend pas uniquement des molécules. Modèles de services, diagnostic, réglementation, financement et création de la demande sont autant de leviers déterminants. L’enjeu central reste celui du « dernier kilomètre » : faire en sorte que l’innovation parvienne effectivement jusqu’aux personnes qui en ont besoin. Les travaux du MPP, menés avec de nombreux partenaires, s’inscrivent précisément dans cette logique d’accès équitable et anticipé.

Téléchargez la présentation de Lobna Gaayeb


Symposium MPP–Unitaid : au‑delà du TLD, élargir l’accès aux options recommandées par l’OMS

Organisé conjointement par le MPP et Unitaid, le symposium « Plus de choix, plus d’impact, élargir l’accès aux différentes options récemment recommandées pour le traitement du VIH » a réuni communautés, cliniciens, décideurs et bailleurs pour discuter d’un enjeu central : convertir les recommandations de l’OMS en accès réel à des options thérapeutiques diversifiées contre le VIH dans les pays francophones.

Ouverture – Plus de choix pour mieux répondre aux besoins

La session a été ouverte par Anne‑Claire Amprou, Ambassadrice de France pour la santé mondiale et Présidente du Conseil d’administration d’Unitaid. Elle a rappelé que si le schéma TLD a profondément transformé la réponse au VIH, une palette plus large d’options thérapeutiques est indispensable pour répondre à la diversité des besoins cliniques, aux préférences des patients et aux réalités des systèmes de santé. Elle a également souligné le rôle complémentaire d’Unitaid et du MPP pour faire le lien entre innovation, politiques de santé et accès effectif aux traitements.

Situations des différentes options récemment recommandées pour le traitement du VIH

Sébastien Morin, Responsable senior – Politique, stratégie et accès au marché au MPP, a présenté un état des lieux factuel de l’accès aux traitements autres que le TLD. Si les licences volontaires du MPP permettent déjà l’existence de versions génériques pour certaines options récemment recommandées (schémas à base de TAF, bithérapies orales DTG/3TC), leur adoption reste embryonnaire. L’écart entre accès théorique et accès réel demeure important, en particulier en Afrique francophone, du fait de prix encore élevés, de volumes faibles et de marchés fragmentés.

Table ronde : lever les freins au déploiement

Modérée par Gelise McCullough (MPP), la table ronde a croisé des perspectives complémentaires :
  • La voix des communautés, portée par Ibrahima Ba (Association Bokk Yakaar, Sénégal), rappelant que le choix thérapeutique est clé pour l’adhérence, la qualité de vie et la lutte contre la stigmatisation.
  • La lecture clinique et normative d’Alexandra Calmy (HUG / OMS), soulignant l’importance de conditions de mise en œuvre réalistes pour l’adoption des nouvelles lignes directrices.
  • L’expérience programmatique nationale partagée par Aniss Lakhal (Ministère de la Santé, Maroc), notamment sur le potentiel de la bithérapie DTG/3TC , étant donné le succès du Maroc dans le contrôle de l’hépatite B.
  • Une analyse régionale d’Ange‑Valérie Meralli Ballou (ONUSIDA Afrique de l’Ouest et Centrale), mettant en lumière les contraintes de financement, les facteurs systémiques et le potentiel des nouvelles options.
  • Le point de vue académique du Charles Kouanfack (Université de Dschang, Cameroun), insistant sur le rôle des données cliniques et opérationnelles pour convaincre les décideurs,  le tout en gardant constamment l’oeil ouvert vers l’innovation. 

Conclusion : anticiper pour transformer l’innovation en impact

En conclusion, Philippe Duneton, Directeur exécutif d’Unitaid, a appelé à une mobilisation conjointe des pays, bailleurs, communautés et fabricants afin que les innovations recommandées aujourd’hui bénéficient réellement aux personnes qui en ont le plus besoin. Les échanges de ce symposium ont donné le ton des discussions de l’AFRAVIH 2026 : l’accès aux médicaments et aux soins ne s’improvise pas, il s’anticipe.

Pour aller plus loin

Ces contributions illustrent l’engagement constant du MPP et de ses partenaires pour faire le lien entre innovation, politiques publiques et accès équitable aux traitements et à la prévention du VIH.
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